Si les nouveaux entrants pure-player, concurrents des entreprises établies ont réussi à cracker le marché, c’est bien grâce à l’exploitation de la donnée organisée autour du Big Data et l’analytics comme IBM s’est employé à le montrer dans sa dernière étude consacrée à la maturité digitale.

 

Pourtant ces jeunes premiers n’utilisent que la donnée accessible, publique, soit 20% de la totalité existante. Les 80% autres sont détenus par les acteurs déjà établis. Avec tant de ressources vives, il parait évident que cette somme d’informations privées et leur exploitation deviennent un réel avantage concurrentiel pour ces entreprises. C’est ainsi qu’elles mènent désormais leur disruption et orientent leurs axes de différenciation.

 

La transformation digitale des entreprises se base sur l’exploitation de leur donnée et l’augmentation de sa valeur pour enrichir la connaissance client, l’expérience produit ou encore les performances commerciales.

 

Pour cela, les entreprises et leurs partenaires se doivent de créer des interfaces dédiées ou s’appuyer sur des outils performants pour stocker, consolider, organiser ou exploiter la donnée.

 

Quelles sont les marges d’amélioration dans l’usage de la donnée ?

 

D’après la dernière étude IBM « maturité digitale 2018 », 2/3 des organisations sont conscientes que leur business model et leur stratégie reposent sur la data et la valorisation de celle-ci.

  • 47% souhaitent répondre avant tout aux nouvelles exigences RGPD,
  • 38% veulent améliorer la qualité et la fiabilité de leurs données,
  • 37% attendent une démocratisation de l’utilisation de l’analytique et le développement d’une culture de la donnée.

 

Source: Référentiel « l’entreprise apprenante contre-attaque », IBM et l’ESG, 2018

 

Ces chiffres révèlent à la fois l’éveil des consciences sur les modèles data-driven tout en soulignant le chemin qu’il reste à parcourir dans l’optimisation et la valorisation de la donnée en entreprise.

 

Pour ce faire, on constate une réorganisation du recueil et de l’exploitation des types de données. Longtemps tournée vers les datas du parcours client, l’attention se déporte vers la collecte, l’analyse et la gestion de la donnée produit.

 

Car la relation client (chère aux entreprises !) passe par l’amélioration de l’expérience client, elle-même conditionnée par l’expérience produit. En effet, l’amélioration de l’expérience client ne peut se penser sans l’amélioration de l’expérience produit basée sur l’exploitation de la donnée produit. L’émergence d’outils tels que le PIM permettent ainsi de valoriser les données produit et d’enrichir, in fine, le parcours client. Faisant écho à l’étude IBM, à lui seul, le PIM permet :

  • D’améliorer la qualité et la fiabilité des données,
  • De mettre en place des outils de stockage et de traitement de tous types de données,
  • D’améliorer la sécurité des données.

 

Il vient en somme soutenir l’éveil des consciences sur le modèle data driven et résout définitivement les problématiques data produit de l’entreprise.

 

Antoine Gourevitch, Senior Partner & Managing Director, BCG

 

“Les directions qui ont beaucoup investi dans le Digital sont parfois frustrées par le manque de retours. Les entreprises sont de plus en plus efficaces dans leur marketing, mais elles manquent encore de données de bonne qualité à l’échelle. L’enjeu principal est de s’assurer que les données soient justes et à jour, et aussi de maximiser le partage en interne et aussi avec des données externes. »

 

A la conquête des nouveaux modèles d’organisations data-driven

 

Autrefois détenue par le service IT ou la DSI, la gestion de la donnée s’organise et se consolide aujourd’hui à chaque strate d’une entreprise. La donnée est devenue un sujet transverse, un asset que tous les métiers doivent apprendre à gérer avec l’appui de la DSI.

 

Et pour consolider sa stratégie data, l’entreprise doit la penser en amont et imaginer de nouveaux modèles engageant une restructuration des rôles. A l’instar de GRTgaz, des comités se créent pour traiter les questions data, et ce, d’un point de vue tant opérationnel que stratégique. A l’aide de nouvelles figures comme le Chief Data Officer, il devient possible de prendre des décisions stratégiques permettant d’organiser au mieux la gestion de la donnée, et ce, au niveau de chaque maillon de la chaine de valeur : utilisation d’un cloud ou non, développement de plateformes spécifiques…

 

Mais c’est également auprès de chaque direction métier et grâce à leur implication dans le processus de gestion de la donnée que l’on pourra amener l’entreprise à une bonne stratégie data.

 

Ainsi, sensibilisés aux processus data-driven, les entreprises se structurent de telle sorte que la DSI met en place les outils, structure la donnée, le CDO garantit la qualité de traitement de la donnée. Quant aux équipes métiers, elles définissent les besoins et outils requis pour exploiter la donnée. Avec de tels processus mis en place, l’étude IBM confirme qu’une véritable réflexion stratégique s’amorce en amont de toute action et irrigue chaque besoin selon un flux de donnée adapté.

 

GRTgaz, résout ses pain-points avec la mise en place de son comité de gouvernance

 

On le voit à travers l’exemple de GRTgaz, confronté à « des problématiques de qualité de l’information, dues à une absence de vision partagée pour son référentiel de données » souligne Hervé Constant, DSI GRTgaz. Pour résoudre ces problématiques, la DSI a mené un travail de fond sur la méthode et la gouvernance en mobilisant les collaborateurs en charge de la gestion des données dans leur service ainsi que la direction générale. Établis en comité de gouvernance de la donnée, l’ensemble des collaborateurs ont pu identifier les pain-points relatifs à la gestion des données et finalement éviter des « millions d’euros de travaux d’amélioration du réseau ».

 

A travers cette démarche se révèle un cercle vertueux où chaque direction métier est impliquée d’un point de vue opérationnel dans la gestion de la donnée tout en nourrissant la stratégie data de l’entreprise.

 

Enfin, pour rendre cette donnée accessible à l’ensemble des intervenants d’un service, la représentation de la donnée est primordiale : dashboard user centric, datavizualisation efficace…

 

Visualiser la donnée devient le nerf de la guerre et permet à n’importe quel contributeur de garder un œil sur chaque point d’amélioration. Avec une représentation ergonomique, chaque collaborateur peut ainsi analyser, piloter la donnée et dégager des plans d’actions efficaces, preuve à l’appui :

 

Hervé Constant, DSI, GRTgaz

« Nous avons enfin une gouvernance de la donnée à GRTgaz, avec ce comité qui consolide l’ensemble des questions relatives à la donnée dans l’entreprise. Par exemple, concernant l’open data, les sujets stratégiques sont traités au même titre que les sujets opérationnels. » Au-delà des innovations d’usage concernant la donnée, par exemple la datavisualisation, ce comité permet de sensibiliser les décideurs de manière plus large à la culture digitale.

 

Viser la pérennité dans l’exploitation de la donnée

 

La donnée est devenue dynamique et connait plusieurs souffles, plusieurs utilisations du fait des différentes révolutions technologiques. Penser la donnée devient alors essentiel comme le montre les 4 nouvelles technologies structurantes pour toute plateforme digne de ce nom :

 

  • L’IA permet de passer d’un modèle statique et déterministe à un modèle apprenant et probabiliste pour l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise,
  • La BlockChain permet la construction de réseaux d’informations sécurisés, vérifiés, et partagés par un écosystème,
  • L’IoT anime l’écosystème et matérialise les nouveaux usages digitaux d’une entreprise,
  • Le Cloud hybride permet d’ouvrir les SI préexistants tout en garantissant un passage à l’échelle.

 

De ces nouvelles technologies, il est intéressants d’en consolider chaque potentialité pour enrichir les outils de traitement de la donnée, chers aux performances d’un entreprise.

 

L’arrivée d’un cloud et de Saas au sein des entreprises illustrent la capacité d’évolution et de la performance des métiers. Pour reprendre l’exemple du Pim, une fois conçu en SaaS, l’outil devient un réel hub d’échanges et de partages des données entre différents services. L’information est rendue disponible, enrichie finement et exploitable sur tous les canaux disponibles tout en gardant une marge d’ajustement grâce aux possibilités de personnalisation.

 

L’entreprise apprenante contre-attaque, référentiel de la maturité digitale 2018-2019, IBM et EBG

« Pour reprendre le leadership sur le marché, les entreprises construisent à présent des systèmes d’information dits « SI d’écosystèmes » qui rassemblent clients, collaborateurs, partenaires, tiers de confiance et concurrents dès la conception. »

 

 

Les acteurs historiques sont assis sur une vraie mine d’informations. Plus qu’un poids dans leur transformation digitale, leur historique est un asset qui peut servir à l’accélération de la performance.

 

A l’image du PIM, ces outils d’exploitation de la donnée s’interfacent avec les solutions existantes sans chambouler leur organisation. Placé entre l’ERP, le site e-commerce et l’ensemble des canaux de distribution, le PIM se connecte à l’ensemble de l’écosystème et devient une réponse efficace dans la mise en place des stratégies digitales des entreprises.

 

Nathalie Wright, Group Digital & IT Transformation, Rexel

L’une de ses premières actions a été de repositionner la transformation en la caractérisant de telle façon que tout le monde comprenne bien que l’entreprise a des fondations : de l’IT, de la collectivité, des plateformes d’infrastructures et des ERP qui ne soient pas un frein à l’accélération. « C’est la raison pour laquelle j’insiste sur IT  & Digital dans ma mission. » Quitte à travailler en parallèle sur des sujets que Nathalie Wright caractérise d’accélération, notamment le multicanal.

Prêts pour un sprint du multi à l’omnicanal ?

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